Pour cette nouvelle vidéo « À la rencontre de », Jeunes & Libres a interviewé Laura Hidalgo, réélue en octobre dernier à la Présidence des Jeunes MR. Elle nous présente ceux qui vont l’accompagner durant son mandat et nous dévoile les prochaines activités des Jeunes MR.
Jeunes et Libres
En bref – Novembre 2023

🌠 Des étoiles dans le ciel et plein les yeux
Le 14 octobre dernier, 400 personnes ont pris part à la Nuit de l’Obscurité, organisée pour la troisième fois par la Besace sur le site du Parc Naturel Hautes Fagnes-Eifel. Une foule d’activités, aussi variées que passionnantes, ont permis aux personnes présentes de prendre conscience des impacts de la pollution lumineuse sur la faune et la flore, mais aussi sur notre sommeil. Et même si les nuages ont quelque peu joué les trouble-fêtes, l’événement a laissé des étoiles dans les yeux des petits comme des grands !
📺 « Apprends-moi les médias »
La première édition de la Semaine de l’éducation aux médias s’est déroulée du 14 au 22 octobre dernier en Fédération Wallonie-Bruxelles. À cette occasion, une centaine d’activités, regroupées sous le thème « Apprends-moi les médias », ont été proposées gratuitement au public scolaire et aux milieux relevant du Secteur de la Jeunesse dans son ensemble. Délipro Jeunesse a pris part à cette semaine en proposant deux ateliers aux élèves âgés de dix à quatorze ans : « Clichés animés », consacré aux stéréotypes véhiculés dans les productions Disney, et « Press Start », centré sur les jeux vidéo.


💉 O’YES se mobilise pour une meilleure couverture vaccinale contre les HPV
Afin d’augmenter la couverture vaccinale des jeunes contre les PapillomaVirus Humains (HPV) en Fédération Wallonie-Bruxelles, l’ASBL O’YES et ses partenaires ont lancé le 03 octobre dernier une grande campagne de sensibilisation dans les écoles du secondaire et les transports en commun. Une campagne indispensable, quand on sait que les HPV peuvent causer de nombreux cancers. Le site www.les-hpv.be et les différents outils mis en place dans les écoles doivent informer au mieux les élèves âgés de treize et quatorze ans, l’âge à partir duquel la vaccination est vivement recommandée.
🎥 Des jeunes à la découverte de leur quartier
Pour répondre à l’intérêt sans cesse grandissant des jeunes pour les médias, l’antenne liégeoise de ReForm a proposé l’été dernier à cinq d’entre eux de réaliser un clip audiovisuel. Sous la houlette du collectif « à chacun son cinéma », nos cinq reporters sont partis à la découverte de leur quartier et de ses commerçants locaux. Un projet citoyen qui leur a permis d’apprendre les bases de la création vidéo, de la prise de vue à la post-production, et de rencontrer ceux qui font vivre la commune !


🚘Célébrer le Nouvel An en toute sécurité avec les RYD
Cette année encore, les Responsible Young Drivers assureront le rapatriement des fêtards et de leur véhicule lors de la nuit du Nouvel An. L’ASBL est à la recherche de volontaires, âgés de 17 à 29 ans, pour faire de cette trentième édition un véritable succès, en partenariat avec les sponsors Miles Mobility et Renault.
🗳️Les Jeunes MR se renouvellent avant les scrutins de 2024
Les Jeunes MR sortent d’une longue et intense campagne électorale interne à laquelle ont été invités à participer tous les membres inscrits. Précisons que cette élection interne ne concernait que la présidence nationale du mouvement, celles des fédérations provinciales de Namur, Liège, Hainaut et Luxembourg ainsi que de la régionale de Bruxelles sans oublier les arrondissements de Mons-Borinage, Huy-Waremme, Liège, Verviers et Philippeville. Après plusieurs semaines de campagne, Laura Hidalgo et son ticket sont élus à la présidence nationale avec 50,2% des suffrages. L’ensemble des élus sont à retrouver sur le site jeunesmr.be.


🎭 Les JML introduisent le théâtre à l’école
Le théâtre s’invite à l’école communale de Nessonvaux grâce à l’antenne liégeoise des JML. En partenariat avec l’ASBL « Kaléidoscope théâtre », une initiation au théâtre a été proposée aux classes de cinquième et sixième années primaires. Initialement, seuls les élèves DYS (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, etc.) constituaient le public cible mais il s’est avéré que l’animation pouvait apporter beaucoup à tous les enfants : développer l’expression verbale et par conséquent à mieux communiquer, à encourager l’expression corporelle ou encore à se connecter à ses émotions, à les identifier, à y réfléchir.
🎤 Un nouveau cycle de congrès pour la FEL
La Fédération des Étudiants Libéraux relance un cycle de congrès durant cette année académique 2023-2024. Le dernier congrès datant de 2019, la FEL a décidé de changer de formule et d’innover. Le congrès se tiendra en deux parties, la première aura lieu le 25 novembre 2024 tandis que la deuxième occupera le samedi 24 février 2024. Les membres de la FEL ont été invités à sélectionner six thèmes parmi les dix qui leur ont été proposés par le bureau politique. Ainsi, le samedi 25 novembre 2023 sera consacré à la précarité étudiante, à la fiscalité et… ainsi qu’à l’entrepreneuriat étudiant au sein du bâtiment de la FEL, en présence d’experts. À l’issue de ces deux journées, la FEL publiera un mémorandum reprenant l’ensemble des positions qui auront été définies.


📖 Formation P4
Le 26 septembre dernier, Jeunes & Libres organisait au sein de ses locaux une journée de formation à destination des directions d’organisations de jeunesse membres et rédacteurs de plan quadriennaux. Ce fut l’occasion pour les « nouveaux » responsables de se familiariser avec les formulaires, de partager les expériences, de se pencher sur le travail de réflexion et celui de rédaction. Par la suite, Jeunes & Libres est disponible pour épauler les OJ qui le souhaitent dans la réflexion et assurer la relecture des dossiers qui sont à remettre au Service de la Jeunesse au plus tard le 15 février 2024. Pour rappel, le dépôt du dossier de renouvellement est nécessaire pour obtenir une prolongation de l’agrément OJ pour la période 2025 – 2028.
🖹 Guide pratique : de l’évaluation de la gouvernance à l’usage des OJ
Comme nous vous l’avions annoncé lors de la formation « Plan quadriennal », Jeunes & Libres a rédigé un Guide pratique de l’évaluation de la gouvernance, à l’usage des organisations de jeunesse. Vous y trouverez, entre autres, toute une série de critères permettant de questionner et évaluer la gouvernance de votre association. Nous espérons que cet outil, qui vous sera transmis par voie postale, vous sera utile dans le travail de rédaction de votre P4. Il est également accessible sur l’Espace membres (mdp : FederationJetL1060), tout comme le Guide pratique de l’évaluation de projets.


📖 Réforme décret OJ
Le projet de réforme « gouvernance et qualité d’encadrement des jeunes » du décret OJ a été voté hier en séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie – Bruxelles. Il reste à négocier et finaliser les arrêtés d’application qui en découle. Pour rappel, le projet comporte une série de mesures visant à assurer une meilleure gestion financière et une meilleure protection contre les risques d’abus commis sur le public jeune. J&L fera un suivi auprès de ses membres dès sa mise en application (prévue au 1er janvier 2024) afin d’accompagner au mieux les OJ dans cette transition.
🎙️ Point presse



« Les jeunes doivent vraiment être au cœur de cette campagne. »
Pour cette nouvelle interview, Jeunes & Libres vous propose de découvrir David Weytsman. Ce dernier fait partie des jeunes figures du Mouvement Réformateur qui montent et qui investissent des lieux et des thématiques qui sont parfois un peu oubliés par le parti libéral francophone.
Jeunes & Libres : Quel bilan tirez-vous de la législature bruxelloise (Région bruxelloise, NDLR) actuelle ?
David Weytsman : Je constate qu’il y a clairement une augmentation de la pauvreté. Durant les vingt dernières années, c’est-à-dire vingt ans d’opposition pour le Mouvement Réformateur à la Région bruxelloise, 40% des Bruxellois ont basculé dans la pauvreté ou se sont rapprochés du seuil de pauvreté. Malgré cette augmentation drastique, on constate que toutes les politiques qui ont été développées par la gauche au pouvoir depuis plus de vingt ans sont complètement dysfonctionnelles.
Il existe d’autre part une grosse problématique liée à l’emploi. Le taux de chômage est de l’ordre de 15%, et même 25% pour la tranche d’âge des 15-25 ans. C’est mauvais, alors que presque tous les pays européens ont connu ou connaissent une période de croissance. Pourquoi la Région bruxelloise n’en a-t-elle pas profité ? Aujourd’hui, on compte vingt-cinq mille postes vacants de cent métiers en pénurie.
Je pointe aussi la problématique de la sécurité. La couverture médiatique est terrible pour la Région bruxelloise. La presse internationale dépeint Bruxelles comme la capitale européenne de l’insécurité ! Depuis des années, nous alertons sur la situation. Il existe évidemment des problèmes de sécurité sur les trois grandes gares ferroviaires, comme la presse l’a rapporté récemment, mais aussi dans des quartiers comme Laeken. Dans le nord de Bruxelles, le trafic de drogue est vraiment préoccupant. J’ai été le premier à parler du narcoterrorisme à l’époque. Tout le monde riait. Le Ministre-Président disait qu’il n’y avait pas de problème de sécurité particulier à Bruxelles… Enfin, il y a aussi un problème lié à la mobilité. La mésentente (au sein de la majorité, NDLR) est là. Ils ont voulu imposer beaucoup de choses en opposant les Bruxellois.
Pour résoudre tous ces problèmes, il faut parler du “nerf de la guerre” : les finances et le budget. Or la Région bruxelloise est quasi en faillite… Le budget et son rééquilibrage seront les priorités de la future législature. Il faudra passer en revue les dépenses, les gabegies et très certainement les recettes, auxquelles nous serons particulièrement attentifs afin que cela ne serve pas de prétexte à des augmentations d’impôts. L’augmentation des recettes passera par un boost de l’activité économique, en augmentant le taux d’emploi, en encourageant l’entrepreneuriat, en soutenant les commerces… Tout cela participe évidemment aux finances bruxelloises.
J&L : Parmi toutes ces thématiques, y en a-t-une qui est vraiment prioritaire pour le MR de la Région Bruxelloise ?
D. W. : La plus abstraite, celle qui nous touche moins dans notre vie quotidienne : l’équilibre budgétaire. Nous devons retrouver une région financièrement saine.
Une thématique qui touche beaucoup les Bruxelloises et les Bruxellois est l’accès au logement, davantage qu’en Région flamande et en Région wallonne. C’est difficile d’accéder soit au logement locatif soit, et ça l’est encore plus, à la propriété. Nous pouvons constater que toutes les politiques menées à Bruxelles ont été des échecs. Il n’y a pas beaucoup de construction de nouveaux logements et on assiste à une explosion des prix. Cela a un vrai impact sur le pouvoir d’achat des Bruxelloises, des Bruxellois et en particulier chez les jeunes.

J&L : Quand le MR compte-t-il lancer sa campagne à Bruxelles ? Ou est-il déjà en campagne ?
D. W. : Que ce soit au niveau régional ou au niveau communal, avec David Leisterh (député régional bruxellois et président du MR Bruxelles, NDLR), nous sommes toujours en campagne. Depuis que j’ai été élu pour la première fois, en 2012, j’ai toujours fait du porte-à-porte, des visites guidées, des rencontres, en organisant des apéros, etc. David Leisterh a démultiplié cette façon de faire dans toutes les communes bruxelloises. C’est de cette façon que nous allons gagner, en occupant tout le temps le terrain. Nous avons déjà la conviction et la volonté d’aller rencontrer tout le monde dans tous les quartiers, de lancer des idées, faire des propositions.
Nous allons, bien entendu, arriver à un moment où l’on va effectivement rentrer dans une phase de de campagne qui se déclinera au niveau national. Tous les membres du Mouvement Réformateur ont été informés du slogan (« Travailler l’avenir », NDLR) de campagne dévoilé par Georges-Louis Bouchez, lors des universités d’été du parti mi-septembre.
De plus, nous sommes de loin le premier parti au Parlement de la Région bruxelloise à faire, et ce régulièrement, le plus de propositions et de constats, constats qui sont largement partagés.
J&L : Quelle place auront les jeunes durant la campagne ?
D. W. : Les jeunes doivent vraiment être au cœur de cette campagne parce que la Région bruxelloise est de loin la région la plus jeune du pays. La moyenne d’âge y est de trente-six ans, alors que celle des autres régions compte quatre ou cinq ans de plus. Les jeunes sont d’autre part généralement plus exposés aux difficultés d’aujourd’hui : chômage élevé, difficulté d’accès aux logements, etc.
Ainsi, nous devons essayer de convaincre les jeunes de deux choses. D’une part, qu’on ne peut pas atteindre les objectifs climatiques si on n’arrive pas à les coupler aux enjeux socio-économiques. Dans les deux cas, nous nous devons d’être ambitieux. Dans les deux cas, nous devons nous présenter avec de vraies propositions. Regardez ce que nous avons pu obtenir ces derniers mois, sur les enjeux climatiques, sur le nucléaire… Je rappelle qu’on voulait se passer complètement du nucléaire. On se rend compte à quel point aujourd’hui c’est utile pour la production d’électricité, que c’est peu cher comparé au gaz, que cela permet de tendre vers les objectifs du CO2 qui sont des priorités absolues pour nous. Cela permet aussi de faire baisser une partie des prix de l’énergie ou, à tout le moins, de ne pas tendre vers les augmentations qui étaient prévues et qu’on a connues il y a peu de temps. Nous devons pouvoir faire la démonstration que nous avons été crédibles sur le sujet.
Il faut que nous exprimions cette avancée pour que les jeunes comprennent que la décroissance économique que nous proposent les écologistes et une partie du parti socialiste nous fait aller droit dans le mur. Il nous faut, au contraire, une croissance économique soutenue, durable et intelligente.
La deuxième chose dont il faut convaincre les jeunes, c’est que les extrémismes, de gauche ou de droite, sont de vrais freins aux libertés individuelles et à notre démocratie. Je suis très inquiet du positionnement du PS et des écolos qui semblent plutôt acquis à l’idée – en tout cas ils le disent comme ça, probablement par position politique – de faire des majorités avec le PTB… avec des communistes !
Dans quels pays les communistes ont-ils gouverné ? Cela a-t-il été positif pour les libertés individuelles ? Les communistes présents au Parlement bruxellois sont pour la nationalisation d’une grande partie de la production, ou même des grandes entreprises. Ils combattent systématiquement toutes les grandes entreprises dans les débats que nous avons. Le PTB soutient des pays qui sont tous totalitaires et ils le reconnaissent. L’ennemi principal des libéraux est le PTB. Avec les écolos, les engagés, le PS, etc., on peut faire des accords, on peut négocier. Avec le PTB, c’est impossible. Or, il est indéniable qu’ils exercent une certaine attirance sur une partie de la jeunesse. Leurs mouvements de jeunesse sont assez actifs, que ce soit sur des campus ou dans certains combats politiques qu’ils mènent…
J&L : Où en est la Région bruxelloise en matière de politique jeunesse ?
D. W : Nulle part… Les décideurs politiques actuels sont les rois pour donner des ballons de football et subsidier des associations qui, dans l’ensemble, font du bon boulot. Mais c’est tout. Ils ne proposent rien de concret concernant les problématiques principales, que ce soit sur l’enseignement, sur la formation, sur l’emploi, sur la lutte contre la pauvreté qui expose aussi une partie de nos jeunes. Les chiffres, comme je l’ai dit précédemment, sont très mauvais par rapport aux autres pays européens. Si Bruxelles était un pays, nous serions probablement en queue de peloton des pays européens.
J&L : Estimez-vous qu’il y a une spécificité chez la jeunesse bruxelloise, hormis le fait qu’elle est proportionnellement plus nombreuse que dans les autres régions du pays ?
D. W. : Je pense que cette jeunesse est propre à Bruxelles, provenant de la diversité, ce qui est un super atout. Nous sommes en plus en présence d’une jeunesse qui a la chance d’aller dans des écoles, soit néerlandophones, soit francophones, et de parler une autre langue à la maison, donc ça les expose à un multilinguisme. Cette jeunesse a aussi envie d’entreprendre et elle est très active dans les associations.

J&L : Parmi toutes les propositions et projets MR de cette législature, y en a-t-il un en particulier qui concerne la jeunesse et que vous voudriez présenter ?
D. W. : En tant que vice-président de la Commission mobilité du Parlement de la Région bruxelloise, une de nos propositions a été votée à l’unanimité en 2019 et elle concerne le harcèlement dans les transports en commun. 95% des femmes de quinze à vingt-quatre ans ont déjà subi des formes de harcèlement sexiste dans l’espace public. Chose assez rare, cette proposition a été cosignée par la majorité et par l’opposition et elle a été reprise dans l’accord du gouvernement quand il a été formé, sans nous malheureusement, en 2019.
Malheureusement, j’en ai fait une évaluation très régulièrement et les chiffres sont encore plus mauvais… La proposition n’a pas été complètement reprise.
J&L : Vous avez visité récemment les locaux d’O’YES à Forest, un des principaux acteurs dans le domaine de l’éducation et de la promotion à la santé chez les jeunes. Qu’avez-vous retiré de cette visite?
D. W. : O’YES et les autres associations travaillant sur la prévention de la santé sont très utiles. Évidemment, j’interviens beaucoup au Parlement bruxellois avec ma casquette “santé”, notamment sur la question de la santé des jeunes (David Weytsman est président de la Commission des Affaires sociales, de la famille et de la Santé, NDLR). Nous avons besoin d’acteurs comme eux sur le terrain, dans les écoles, les campus, les festivals, etc. Il faut évidemment continuer à parler du dépistage et de l’utilité de de la prévention. Je suis fier qu’ils fassent partie des organisations de jeunesse fédérées chez Jeunes & Libres.
J&L : Concernant l’EVRAS (Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle), quel est votre position au sujet de sa généralisation dans l’Enseignement obligatoire ?
D. W. : J’ai toujours milité pour que ces formations puissent être davantage intégrées dans des cours, dès les premières années du primaire. Je pense que c’est très important que les enfants puissent d’abord parler de choses dont ils n’osent pas parler à la maison, puis parler de leurs émotions, du consentement, de leur corps… Les formations partent des besoins des jeunes et à chaque âge, les enfants ont besoin de comprendre ce qui est en train de se passer et à chaque âge, quand on vit en collectivité, on doit aussi comprendre les limites à adopter les uns par rapport aux autres, les émotions, les différences, la tolérance, l’acceptation, etc.
Il est important que la santé mentale des jeunes soit prise en compte, surtout que la première cause de décès chez eux est le suicide.
J&L : Les formations EVRAS répondent-elles à un besoin spécifique en Région bruxelloise ?
D. W. : Oui, il y a un besoin en Région bruxelloise et je dirais même, je mets les pieds dans le plat, plus grand qu’en Région wallonne ou en Flandre. Nous avons quand même beaucoup de familles très conservatrices. Dans certaines écoles, quand les formations EVRAS sont données, la moitié de la classe est subitement malade. Cela me pose problème. Il y a des courants religieux qui ne permettent pas d’aborder certaines questions.
Je ne trouve pas non plus acceptable que dans certains quartiers ou dans certaines classes, en secondaire, la moitié de la classe soit partie quand on aborde la question de l’IVG, de l’homosexualité, ou encore de la contraception et des maladies sexuellement transmissibles. Tout en respectant les choix religieux ou les idées de chacun, l’École est aussi là pour, entre autres, poser un cadre ou répondre à des questions.
16/17 sur 1RCF Belgique
Ce 13 juillet, Benjamin, coordinateur de Jeunes & Libres, était l’invité de l’émission 16/17 sur la radio 1RCF Belgique afin de présenter la fédération, ses membres ainsi que pour partager sa vision du secteur jeunesse. L’interview est à retrouver ci-dessous.

« L’ascenseur social, ça part dès la petite enfance. »
Alors que la réforme du secteur de l’Accueil Temps Libre (ATL) commence à se dévoiler, Jeunes & Libres a décidé de vous présenter Violaine Herbaux. Échevine de l’enseignement, de la petite enfance et de l’accueil extrascolaire, elle est également conseillère santé à la présidence du Mouvement Réformateur et présidente du conseil d’administration de l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE).
Son master en communication et information en poche, Violaine Herbaux s’est rapidement tournée vers le monde politique pour y démarrer sa carrière professionnelle, en tant que conseillère politique en matière de santé auprès de la présidence du Mouvement Réformateur. Son premier engagement au service de la collectivité a lieu en 2012, lorsqu’elle rejoint le conseil communal de Silly, commune rurale du Hainaut, dont elle devient échevine de l’enseignement, de la petite enfance et de l’accueil extrascolaire en 2017. Cette même année, elle fait son entrée au conseil d’administration de l’ONE, dont elle devient présidente en 2022.
Jeunes & Libres : Qu’est-ce que l’ONE? Quel est son champ d’action?
Violaine Herbaux : L’ONE est une organisation qui a plus de 100 ans d’existence et qui s’occupe principalement de l’accueil de la petite enfance, mais aussi, et surtout, et cela, on en parle moins, de la santé préventive chez les enfants. Et ce, depuis le suivi prénatal aux consultations pour enfants jusque 6 ans. L’ONE subventionne et coordonne également ce qui relève de “l’extrascolaire”, tels queles écoles de devoirs et l’accueil temps libre dans les écoles. Enfin, il existe toute une branche “SOS enfants” où l’on retrouve beaucoup de partenariats avec l’Aide à la jeunesse pour ce qui concerne les difficultés plus familiales, de précarité, de violence, etc.
Ces dernières années a été développée toute une série de soutien à ce qu’on appelle la parentalité, avec la mise en place, par exemple, de lieux de rencontre parents-enfants quand il y a des problèmes d’ordre familiaux. Ou encore de structures appelées “Espace parents dans la séparation”,. Qui accompagnent les parents rencontrant des difficultés dans leurs parentalités.
Tout cela se déroule sur tout le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
J&L : Quel est votre rôle en tant que présidente du conseil d’administration ?
V. H. : Il n’y a pas de description de fonction, c’est un peu comme un échevinat, on apprend dans la fonction. Je dirais que mon rôle est de m’assurer en premier lieu que le comité de direction fonctionne comme il le devrait, que chaque directeur puisse être en pleine possession de ses moyens pour développer et répondre à tout ce qui est repris et inscrit dans le contrat de gestion qui est la “feuille de route” de l’ONE définie par le Gouvernement de la FWB. Il comprend les différentes mesures et les différents projets à mener.
Une première difficulté pour moi a été de “m’imprégner” du contrat de gestion, car ce n’est pas moi qui l’ai négocié, mais mon prédécesseur, Thierry Wimmer.
Le second rôle, tout aussi important, est de représenter l’ONE dans différentes instances, dans des colloques, des conférences.
Enfin, j’essaie de faire le lien entre le conseil d’administration et le terrain pour que le CA soit au plus proche des réalités de terrain, du travail de nos collaborateurs. Je veux avoir le plus de contacts au sein de l’administration, au sein des travailleurs et d’y voir comment fonctionne l’ONE de l’intérieur, sans passer systématiquement par le comité directeur. Je considère que ce n’est pas sain de n’avoir qu’un seul interlocuteur et qu’un seul angle de vue. Bien entendu, il m’est impossible de connaître tout le monde

J&L : Aller sur le terrain, c’est aussi une manière de se former…
V. H. : Une matière que je connaissais moins au moment de ma prise de fonction c’était la santé préventive au sein de l’ONE. Je connaissais beaucoup plus la petite enfance et l’ATL de part mon mandat d’échevine même si, là aussi, il ne faut pas tout résumer à ça. Je suis donc allée à la rencontre de cinq équipes un peu partout dans les différentes provinces de Wallonie et en Région bruxelloise. Cinq est un petit échantillon, mais il s’agissait de situations différentes, en consultation prénatale, en consultation pour enfant, au sein d’un quartier urbain ou au sein d’un hôpital. J’ai pu y constater les difficultés, rencontrer les équipes, leur travail, leurs besoins, la façon d’améliorer le service, etc.
J’ai été heureuse de constater que cela se passait bien néanmoins, de rencontrer des personnes investies dans leurs missions et qui pouvaient réaliser leur travail.
J&L : Et vous, qu’est-ce qui vous motive à vous investir autant ?
V. H. : La lutte contre l’injustice, en particulier quand cela concerne des enfants qui par définition, eux, n’ont jamais rien demandé et se retrouvent à vivre dans des situations, malheureusement, de précarité compliquée.
Je vais donner un exemple qui m’a marqué. Il s’agit d’une visite de terrain que j’ai effectué du côté de Chimay, avec une équipe, dans le camping du Val d’Oise. J’y ai vu une réalité que je ne pensais pas découvrir en Belgique. . J’ai vu des enfants vivant avec leurs parents dans des campings, dans des caravanes qui font la taille d’une petite pièce. Toute la famille y dormait, dont un bébé de cinq jours, dans des conditions d’hygiène très compliquées. En hiver, les canalisations d’eau sautent et il n’y a donc pas d’eau courante Les enfants ont peu d’activités et restent de longues heures devant la télé…
Pour moi, l’ONE réalise de belles missions. Ce ne sont pas des solutions miracles qui résolvent toutes les situations, mais assurer la santé préventive, mettre à disposition des milieux d’accueil, etc. est très importants à mes yeux.
J&L : Est-ce que cela fait écho à ton engagement libéral ?
V. H. : Oui, tout à fait. J’étais présente la semaine passée à une conférence où je rappelais que si on veut, à un moment, rompre le schéma de la précarité, de la reproduction générationnelle de chômage, alors il faut sortir les enfants de ces environnements familiaux de précarité néfastes. Il y a plein d’études qui montrent combien un enfant a besoin qu’on lui parle pour son développement du langage, a besoin de pouvoir bouger pour sa psychomotricité, etc. Il faut pouvoir lui donner les meilleures chances. L’ONE apporte une pierre à l’édifice, c’est un levier pour essayer de faire en sorte que ces enfants puissent sortir des milieux précarisés. L’ascenseur social, ça part dès la petite enfance.
J&L : Un coup d’accélérateur a été mis à a réforme de l’Accueil Temps Libre récemment. Cette réforme concerne directement l’ONE. Que pensez-vous, en tant que présidente de son conseil d’administration, de cette réforme ?
V. H. : J’ai pris, comme vous, également connaissance de la note d’intention du Cabinet de la ministre Linard (ministre de tutelle de l’ATL, NDLR). Je la trouve trop peu ambitieuse pour ce que l’on peut espérer d’une réforme. Elle ne répond pas aux principaux besoins exprimés par les secteurs de l’ATL, qui ont justement publié une carte blanche et à la suite de laquelle la ministre a fait marche arrière sur sa réforme.
le cabinet a avancé vraiment très longtemps tout seul et a fait mine de concerter en rassemblant leurs différents groupes de travail. Je regrette que l’ONE n’ait pas été davantage entendue. Il y a d’ailleurs eu un sentiment général de la part des acteurs de ne pas être suffisamment entendus et des déceptions.
L’une des priorités pour l’ONE est de désigner, dans le cadre de l’ATL, des responsables de projets au sein des communes, de manière à mieux coordonner les équipes sur place et à créer une dynamique positive avec l’ensemble des institutions accueillantes de l’extrascolaire. Il faut également, si les budgets le permettent, créer une stabilité dans l’emploi pour organiser un accueil extrascolaire de qualité avec de vrais contrats de travail et non pas reposer autant sur le bénévolat. Il faut également soutenir la formation continue pour les travailleurs du secteur. Nous faisons face à des profils très variés et de formations inégales.
Pour finir, je suis convaincue que cette réforme-là doit être pensée en même temps que la révision des rythmes scolaires journaliers afin de rendre l’ATL véritablement complémentaire de l’école.
C’est ausside pouvoir renforcer les moyens des écoles des devoirs pour qu’elles puissent accomplir l’ensemble de leurs missions. Elles peuvent clairement apporter un plus aux études dirigées en apportant leur dimension socioculturelle que les études n’ont pas et ainsi renforcer les objectifs de l’école dans toute sa dimension sociale, d’activités ludiques, etc. Il y aurait un compromis à trouver entre les parties, bien entendu.

J&L : Votre mandat d’échevine constitue un autre engagement important de votre part. Qu’est-ce que représentent des matières aussi importantes que l’enseignement, la petite enfance et l’accueil extrascolaire pour une commune rurale comme Silly ?
V. H. : Silly compte 8.500 habitants, six écoles communales dont une pratique l’immersion linguistique néerlandaise, une école libre, deux crèches communales et un service d’accueillante d’enfants. Cela représente une part importante de notre budget communal, d’autant plus que cela représente aussi une organisation logistique non négligeable. Nous devons également réaliser des investissements dans les infrastructures scolaires, d’accueil et sportives.
C’est toujours un challenge d’avoir suffisamment d’élèves, dans une commune comme Silly, pour ouvrir six écoles avec des sections maternelles et primaires. C’est un challenge d’autant plus qu’il y a une dénatalité, une diminution de la natalité d’environ 10% dans les communes depuis de nombreuses années.
Pour répondre à ce challenge, nous devons aussi trouver des projets pédagogiques qui font la différence. Voici la raison pour laquelle nous avons lancé l’immersion en néerlandais, que nous développons aussi tout doucement dans une de nos écoles des pédagogies dites actives et favorisons « l’école du dehors ». La commune a également investi dans un bus communal de manière à pouvoir véhiculer facilement les élèves pour les sorties à la piscine, à la salle de sport, pour les sorties culturelles et ludiques.
Ces investissements nous servent en plus à être davantage attractifs que les communes voisines et en particulier, l’enseignement néerlandophone, car nous sommes proches de la frontière linguistique. Mais ils permettent également de faire vivre, d’une certaine manière, notre communale rurale en y « conservant » une population jeune. Ainsi, nous disposons d’un taux de couverture pour la petite enfance de 48%, au lieu des 35% de moyenne (48 places d’accueil pour 100 enfants en bas âge, NDLR).
J&L : Estimez-vous rencontrer davantage « d’obstacles » dans une commune rurale par rapport à une commune urbaine ?
V. H. : Je ne parlerais pas d’obstacles, mais, en effet, nous faisons face à une difficulté qui est la mobilité pour sortir de notre commune. C’est la raison pour laquelle nous disposons d’un bus communal. Nous avons également développé un service d’accueil centralisé pour l’accueil extra-scolaire du mercredi après-midi. Il s’agit du projet « Récréakid’s » qui rassemble, grâce au bus communal, les élèves des 6 implantations sur 2 implantations. Les activités proposées sont de cette manière plus variées et plus qualitatives.
Mais moi, je vois plus d’atouts que de difficultés. Nous avons un cadre et un environnement de qualité, luxuriant, qui peut être mis au service du développement des enfants. Nous pouvons leur faire découvrir la faune et la flore, notre patrimoine, nos producteurs locaux, etc.

À la rencontre de Diego, président de la FEL
D’ici quelques jours, la Fédération des Étudiants Libéraux aura officiellement un nouveau président. Rencontre avec Diego, prêt à se lancer dans sa nouvelle fonction. Jeunes & Libres tient à remercier Ömer, président sortant, pour son implication et son enthousiasme indéfectibles durant les deux années qui viennent de s’écouler, notamment au sein de notre conseil d’administration.