
Les réponses de la Fédération des Étudiants Libéraux aux questions de Jeunes & Libres
- Comment les étudiants vivent cette crise sanitaire ?
Ils souffrent énormément de cette crise. Le climat anxiogène a plongé nombre d’étudiants dans un profond état de détresse. Ces derniers mois, j’ai eu l’occasion de discuter avec plusieurs d’entre eux, et très clairement, je n’aimerais pas être à leur place. Sans perspectives claires, ils sont livrés à eux-mêmes. Il leur est demandé de faire preuve de résilience, de prendre leur mal en patience. Et, c’est à souligner, ils font tous preuve de beaucoup de courage.
On ne peut pas nier que les étudiants ont malheureusement payé un lourd tribut de cette crise. Leurs contacts sociaux se sont réduits à peau de chagrin, à un moment de leur vie où ceux-ci sont essentiels pour leur développement personnel. Les activités extra-académiques qui rythment habituellement la vie des campus n’ont pu avoir lieu dans des conditions normales, voire pas du tout, rendant très compliquée l’intégration des nouveaux inscrits et mettant un coup d’arrêt aux projets des cercles estudiantins. La quasi-généralisation de l’enseignement à distance a fini par démoraliser et démotiver nombre d’étudiants peu ou pas préparés à cette forme d’enseignement, avec le risque d’un décrochage scolaire pour les plus fragiles. Et je ne parle pas de l’annulation de stages et séjours Erasmus, ou des difficultés psychologiques et financières qui ont pu survenir. Bref, on ne peut qu’espérer que les étudiants puissent rapidement reprendre le chemin des auditoires et vivre pleinement leur vie estudiantine.
Enfin, j’ajouterais que les jeunes ont pu assez mal vivre le fait d’être constamment stigmatisés et tenus pour responsables de la propagation du virus. Ce discours, me semble-t-il, a causé bien dommages, y compris celui d’opposer des catégories de la population. En ces temps douloureux pour tous, n’aurait-il pas été plus judicieux de la « jouer collectif » ?
- Comment garder le contact avec les jeunes ?
Déjà, la crise favorise l’innovation, elle pousse à se réinventer. À ce titre, et sans grande surprise, l’utilisation des outils numériques de communication s’est imposée dans nos pratiques internes de travail avec les jeunes, mais également pour nos activités. Simple d’utilisation et facilement assimilable, l’usage du numérique perdurera très certainement. Mais dans des proportions moins importantes qu’aujourd’hui. Car oui, et c’est un paradoxe intéressant à soulever, les jeunes sont friands du numérique, mais ils n’en demeurent pas moins fortement attachés aux rencontres en présentiel et à l’authenticité de ces moments. L’interaction sociale, c’est la base. A fortiori dans une organisation de jeunesse qui vit et nourrit de ces interactions. Sans doute faudra-t-il trouver un équilibre pour la suite des événements. C’est en tout cas le sentiment que j’en ai, après plusieurs mois où notre travail, avec les jeunes, se fait majoritairement en ligne. Pour cette raison, une reprise des activités des organisations de jeunesse, dans le respect d’un protocole, est souhaitable pour l’ensemble des acteurs.
- Quels sont les enjeux (auprès des jeunes) de la FEL pour cette nouvelle année ?
Si on pouvait reprendre des activités en présentiel, du moins partiellement, nous serions déjà « heureux ». On pense surtout à l’activité au sein de nos sections locales. On a l’habitude de dire que la FEL ne serait rien sans ses membres. Eh bien justement, pour le moment, ceux-ci rongent leur frein. Sans un calendrier clair, avec peu ou pas de possibilité de se projeter, nos ils sont dans l’attente d’un signal. La crise a signifié l’arrêt de leurs projets sur les campus et l’impossibilité de les mener à bien. Pour la FEL, l’un des enjeux sera précisément d’accompagner nos sections et de les aider à s’adapter aux contraintes éventuelles qui se poseront au moment de l’organisation des activités (sur les établissements d’enseignement supérieur eux aussi soumis à un protocole), mais aussi de répondre plus généralement à leurs éventuelles interrogations. Parmi les projets plus concrets à venir, on espère pouvoir enfin présenter à nos responsables de sections locales le Kit Présidence « Presigo » créé spécifiquement pour eux…il y a déjà plusieurs mois. Pour compléter cet outil, une formation leur sera dispensée plus tard dans l’année. La réalisation d’un Kit Blocus est également en cours de réflexion. La crise est là, mais nous ne manquons pas d’idées.
Puis, bien évidemment, la FEL demeure attentive aux dossiers qui touchent directement les étudiants : la représentation étudiante, la réforme du décret Paysage, l’insécurité sur les campus, le financement de l’enseignement supérieur, etc. D’ailleurs, concernant l’insécurité, nous avons diffusé une enquête dans les milieux des universités et hautes-écoles et espérons pouvoir communiquer à ce sujet d’ici les prochaines semaines. De manière générale, nos membres sont portés par de profondes convictions libérales, ont des choses à dire et souhaitent matérialiser cela en propositions concrètes. Aux positions dogmatiques constamment exprimées par certaines organisations estudiantines, la FEL souhaite opposer un pragmatisme responsable. La FEL redoublera d’efforts pour défendre les intérêts des étudiants, selon les convictions de ses membres, et continuera à interpeller les autorités politiques et académiques pour faire entendre la voix des étudiants.
Les réponses des Responsible Young Drivers aux questions de Jeunes & Libres
- Comment garder le contact avec les jeunes ?
Cette année, vu le contexte il est assez difficile de garder le contact avec les jeunes. Néanmoins nous avons gardé les canaux de communication que nous utilisons habituellement à savoir les réseaux sociaux via des groupes fermes et les mails. Nous envoyons une newsletter trimestrielle afin de tenir nos jeunes informés de l’évolution de l’asbl. À chaque envoi de mail, quelques volontaires réagissent.
D’habitude, nous voyons régulièrement nos volontaires que ce soit dans le cadre de nos actions de terrain, des réunions et formations ou encore, lors de moments de rencontre (« Week-end Volontaires »).
Afin d’améliorer les contacts avec nos volontaires, nous avons créé un site sur lequel toutes nos activités seront reprises et les volontaires les plus proches géographiquement seraient contactés. Ils auront la possibilité de discuter, d’évaluer l’activité et de partager des photos. Malheureusement, nos activités étant à l’arrêt, ce site n’a pas encore pu être testé auprès de notre public. Mais nous pensons vraiment que cela sera un très bon outil de communication.
- En quoi l’OJ est-elle importante pour aider les jeunes à garder le cap en cette période de plus en plus difficile ?
Selon nous, une organisation de jeunesse fonctionne comme un petit réseau dont un certain nombre de jeunes font partie. C’est toujours motivant de savoir que l’on partage les mêmes valeurs et idéaux que d’autres personnes de notre âge. Avec la Covid, beaucoup de jeunes ne peuvent plus se voir, peut-être qu’une OJ permet d’entretenir le lien.
De plus, nous avons pour habitude d’être positifs dans notre façon de communiquer et nous utilisons régulièrement l’humour. Cela peut leur redonner le sourire.
Enfin, certains volontaires créent de vrais liens d’amitié grâce aux RYD et gardent contact en dehors des activités que nous proposons.
- Quels sont les enjeux (auprès des jeunes) des RYD pour cette nouvelle année ?
Notre premier objectif sera de remobiliser nos volontaires dès que nous pourrons reprendre nos activités de terrain. Il faut savoir que le recrutement de nouveaux volontaires et leur fidélisation a lieu exclusivement lors du Rapatriement du Nouvel An. Or, celui-ci n’a pas pu être organisé cette année. Nous devrons donc redoubler d’énergie pour les remotiver.
Néanmoins, nous avons un nouveau projet pour cet été qui devrait leur plaire et donc les motiver à se remobiliser. En effet, nous nous rendrons (si la situation sanitaire nous le permet) dans les festivals bruxellois ! Cela sera l’occasion de mettre l’accent sur la conduite sous influence et notamment la consommation de drogues ! Ce projet nous tient à cœur depuis de nombreuses années, mais cette année il verra le jour ! Nous sommes très confiants quant au succès qu’il devrait rencontrer auprès des jeunes.
Pour le reste, nous espérons que nous pourrons maintenir nos activités habituelles dans les écoles, la Nuit Européenne Sans Accident, le Rapatriement du Nouvel An ainsi que reproposer des animations et des formations pour les volontaires, car ils en sont demandeurs.
Les réponses de ReForm aux questions de Jeunes & Libres
- Comment garder le contact avec les jeunes ?
Depuis le mois de mars, nous avons mis en place via des groupes WhatsApp et des vidéoconférences dans le cadre de nos écoles de devoirs.
Il était important pour toute notre équipe de continuer à apporter un soutien scolaire à nos jeunes, mais aussi de maintenir un contact avec eux.
Dans le cadre de notre action en matière d’éducation à la culture chez les jeunes, nous avons offert des représentations de théâtre aux jeunes participant à nos activités ; nous envisageons de poursuivre dans les semaines à venir cette offre qui a déjà remporté un vif succès.
Dès que les protocoles ont permis une reprise des activités, notre équipe a rapidement repris celles-ci, notamment avec les écoles de devoirs, les stages et les ateliers culturels en classe dans le maternel et le primaire.
- En quoi l’OJ est importante pour aider les jeunes à tenir le cap en cette période de plus en plus difficile ?
L’organisation de jeunesse se situe en dehors du cadre familial et scolaire. Ce cadre de l’organisation de jeunesse permet sans doute aux jeunes de parler plus librement de leur ressenti, de leurs craintes et de leurs angoisses vis-à-vis de cette période.
À partir de ces dialogues avec les jeunes, il appartient selon nous à l’organisation de jeunesse de mettre en place des outils en faveur des jeunes.
Le bien-être des jeunes est une priorité de ReForm. Pour ce faire, nos animateurs suivent régulièrement des formations en vue d’encadrer au mieux les jeunes face à leurs difficultés.
- Quels sont les enjeux (auprès des jeunes) de ReForm pour cette nouvelle année ?
Pour l’association, comme pour beaucoup de nos collègues, l’enjeu principal pour cette année sera de mettre en place les actions de notre nouveau plan quadriennal dont la ligne directrice est la créativité des jeunes.
C’est cette créativité collective qui leur a souvent manqué lors des dernières semaines et de ces derniers mois. Nous sommes impatients de lancer de nouveaux projets avec eux, notamment une installation artistique regroupant de jeunes plasticiens sur le thème « comment ont-ils vécu la pandémie ? ».